Grèce : terre de fantasme néo-libéral !

par Hervé Pugi.

Le calvaire vécu par la Grèce depuis quelques années ne serait finalement que la conséquence légitime de la faillite des élites et de l’irresponsabilité d’une population  ayant érigé la fraude au rang de sport national. Une explication qui aura le mérite de contenter en Europe et dans le monde tout ceux qui ont mauvaise conscience sur le sujet. Les mêmes qui façonnent aujourd’hui un avenir cauchemardesque pour les Grecs.

L’air de rien, le pays qui a vu naître le principe même de « démocratie » (avec les nuances qu’il convient d’apporter à la conception que pouvait en avoir des hommes de l’Antiquité) voit poindre actuellement une nouvelle forme de régime politique où la « souveraineté du peuple » se voit supplanter par l’intérêt du secteur privé. Car, le cauchemar de la Grèce n’est finalement rien d’autre que le fantasme absolu du plus vil libéral.
Déjà, la démocratie athénienne en a pris un sérieux coup derrière la tête lorsque l’Union européenne -appuyé par la BCE et le FMI- a mis hors jeu d’office Alexis Tsipras, leader de la gauche radicale, au profit du bien plus présentable Antonis Samaras, chef de file des conservateurs. Un parti notamment au pouvoir entre 2004 et 2009. Autrement dit pleinement responsable -en tout cas complice de quelques autres- quant à la situation traversée par le pays. En même temps, pourquoi changer une équipe qui gagne ?
Dans le scénario sadomasochiste mis en place par la « Troïka » (UE, BCE, FMI), il ne fait effectivement aucun doute que la Grèce se doit de se plier aux moindres désirs des «marchés financiers». Non pas pour les « rassurer » (eux qui ne se sont refaits la cerise qu’avec l’aide de financements… publics) mais bien pour assouvir ses plus bas instincts de toute puissance. Samaras, comme Papandréou avant lui, n’est que le correspondant local, l’agent spécial mandaté pour mener à bien le jouissif dépeçage du pays.

Une «aide» pour qui ?
« Laissez-faire », qu’ils disent ? Alors, en avant : chemins de fer, ports, aéroports, autoroutes, postes, banques, énergies, eau, télécommunications… Tout est à vendre pour le plus grand bonheur des multinationales chinoises, américaines ou encore… européennes. L’UE, cette chère amie qui explique qu’elle vous veut du bien tout en vous faisant les poches.  Un deal savamment élaboré par les matières grises les plus éminentes de la sphère économique. Tant de compétences qui n’ont finalement réussi qu’à réinventer l’usure.
Car « vendre les bijoux de famille » est l’une de ces contreparties exigées par la « Troïka » pour allouer son… « aide ». Derrière ce dernier terme, ne cherchez pas une quelconque solidarité entre états. Cette allocation spéciale n’a vocation qu’à renflouer les caisses pour rembourser les dettes. Pas à remettre l’économie de la Grèce sur de bons rails. En se coupant -certes, le couteau sous la gorge- de nombre d’actifs publics, l’état grec se prive derechef de sources de revenus potentiels pour le futur. L’humiliation est totale et la Troïka prend son pied.
Aux dernières nouvelles, c’est l’intégrité même du territoire hellénique qui se trouve remis en cause par la mise sur le marché d’îles, îlots et propriétés. Tous proposés à qui le veut pour des concessions longues durées. Les bienfaiteurs de la Grèce pourront ainsi siroter leur Ouzo, les pieds en éventail, pendant que les indigènes locaux digéreront -le ventre vide- leur énième plan d’austérité. Car, finalement, quoi de plus normal que de couper dans les dépenses sociales en temps de crise…

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