Bombino, tempête du désert !

par Hervé Pugi.

Le Sahel rugit sous l’obscurantisme de quelques intégristes qui s’en prennent à tout ce qui fait l’essence de la vie. Parmi les dommages collatéraux notables, la musique qui n’a plus le droit de s’élever dans les villes et villages du nord Mali. Pas une première dans une région particulièrement troublée qui mérite assurément un autre sort qui celui que lui réserve un poignée de fous de dieu. Omara Moctar, alias « Bombino », en sait quelque chose. Lui qui dut fuir en toute urgence le le Niger en 2007 après la mort violente de deux de ses camarades musiciens. Direction, le Burkina Faso pour ce véritable génie de la guitare dont le talent hors norme avait commencé à « fuiter » dès 2004 et la sortie de « Agamgam », album folk-blues acoustique envoutant et mystique.
Un premier essai qui avait suffi à attirer l’attention des programmateurs de festivals et des labels indépendants les plus pointus. C’est ainsi que ce Touareg pur jus a quitté son Sahel natal pour découvrir, entre autres,  les studios d’enregistrements américains. Naitra de cette expérience un second disque, « Agadez », du nom de la plus importante ville du nord du Niger. Ni formatage ni compromis, Bombino ne renie rien mais lâche les rênes en offrant un rock aussi diabolique que son blues peut être spirituel. Entre riffs hypnotiques et décollages violents, le groupe rentre dans la transe en suivant un Bambino dont la voix semble louvoyer sans jamais s’égarer ni perdre de sa profondeur ou de son émotion.
Un émotion palpable ce jour de janvier 2010 où Bambino et son groupe s’installent sur la modeste scène posée au pied de la mosquée… d’Agadez. Pour son grand retour,  l’enfant du pays embrase son auditoire dans une communion jubilatoire qui célèbre la vie quand d’autres dans la région semblent ne prôner que la mort des sens. Trois années plus tard et quelques centaines de concerts aux quatre coins de la planète, la belle histoire continue pour ce Hendrix des sables. En effet, le virtuose nigérien revient dans les bacs en 2013 avec un nouvel album produit par un certain Dan Auerbach, guitariste de The Black Keys. La classe quoi…

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