Israël/Palestine : la méthode Obama…

par Hervé Pugi.

Barack Obama a laissé perplexe nombre d’observateurs  au cours de la première visite de sa mandature en Israël et en Cisjordanie. Le président américain s’est effectivement contenté d’énumérer nombre de poncifs propres à la politique étrangère US. Toutefois, son discours au Centre International des Congrès de Jérusalem devant un parterre d’étudiants israéliens laissent entrevoir la pensée profonde du maître de Washington.

Le discours du Caire du 4 juin 2009 devant la jeunesse égyptienne restera à coup sûr un moment fort du premier mandat de Barack Obama. Le 44e président des Etats-Unis avait profité de l’occasion pour s’adresser au monde musulman avec des paroles empreintes d’une ouverture qui tranchaient considérablement avec les positions de son prédécesseur. Un rare moment de grâce pour ce leader charismatique qui aura finalement passé plus de temps à négocier avec son opposition républicaine au Parlement qu’à réellement s’investir sur le dossier brulant du conflit israélo-palestinien. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que pour cette visite tant attendue, le président Obama s’est  bien gardé de jouer au messie au(x) pays des prophètes. Trop risqué. Aussi, avait-il prévenu, le puissant visiteur se déplaçait pour écouter, pas pour proposer…. Chose promise, chose due…

L’histoire jugera s’il y a lieu de faire un lien quelconque entre les mots prononcés par Obama dans l’Egypte de Moubarak et le mouvement du Printemps arabe qui suivit quelques mois plus tard. De même, impossible de prévoir de quoi va accoucher cet intérêt soudain du leader US pour cette poudrière du monde. Il n’empêche qu’au Caire comme à Jérusalem, le président américain a fait le choix de ne pas réserver le fond de sa pensée aux seuls gouvernants. Loin de se limiter à quelques déclarations polies lors d’une conférence de presse lissée,  Obama a -à chaque fois- pris la décision de s’adresser directement à la jeunesse pour la mettre face à ses responsabilités actuelles mais surtout futures. Et ce avec bien moins de solennité qu’avec un certain paternalisme. Une communication qui vaut peut-être mieux que toutes les visites d’Etat ampoulées et infructueuses.

Une seule solution !

Car, finalement, quel message a fait passer Barack Obama au Caire et à Jérusalem sinon qu’il n’y a rien à attendre des élites au pouvoir et des rares alternatives existantes à l’intérieur du système ? Le président américain n’a pas seulement encourager la jeunesse israélienne à choisir le camp de la paix, il les a explicitement poussé à agir en faisant pression sur le gouvernement. Benyamin Netanyahou appréciera ! Comme si il n’y avait rien à attendre de cette génération de vieux guerriers rongés par l’aigreur qui se succèdent sans discontinuer depuis des décennies à la tête de l’état hébreux avec ce même projet : coloniser à outrance tant que les Palestiniens n’ont pas d’Etat reconnu. Et vu qu’il n’y a rien à tirer des autres dirigeants du Moyen-Orient pour qui la « question israélienne » est devenue un simple chiffon rouge que l’on agite bien haut pour détourner l’opinion publique de ses propres problèmes…

Bref, Obama a bien compris que personne n’arriverait à rien dans cette région du monde si particulière tant que les différents peuples n’auront pas pris conscience que la situation ne peut se régler que d’une unique façon : une paix négociée ouvrant la voie à une même terre pour deux pays.

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