Fadi El Abdallah : « le souci de sensibiliser et informer »

par Hervé Pugi.

Le porte-parole et chef de l’unité des Affaires publiques revient sur l’importance de la communication pour l’institution judiciaire de La Haye. Autant auprès du grand public, des médias que des partenaires étatiques.

Scribouille :  Tout au long de ce rendez-vous à Dakar, on a pu sentir de la part des représentants de la Cour pénale internationale une réelle volonté de faire preuve de la plus grande pédagogie. Est-ce un impératif pour votre institution, surtout en Afrique ?

Fadi El Abdallah (F. E. A.) : Cela fait partie de notre mandat d’expliquer le travail de la Cour, de transmettre les informations correctes et d’expliquer comment tout cela fonctionne. Alors, naturellement, il y a des personnes – des juristes, des avocats notamment – qui ont une connaissance approfondie de la CPI mais on ne peut pas s’attendre à ce que tout le monde ait ce genre de formation. Donc, c’est à nous, précisément, de transmettre cette information, ce savoir, à des personnes comme les journalistes ou le grand public pour leur permettre de comprendre ce qu’est la Cour et son fonctionnement exact.

Scribouille : Face au climat de défiance qui s’est installé ces derniers mois entre certains États africains et la CPI, était-il important de venir jusqu’au Sénégal pour tenir ce séminaire qui, traditionnellement, se déroule aux Pays-Bas ?

F. E. A. : Il est vrai que la formation annuelle se passait habituellement à La Haye car cela permettait aux avocats de visiter la salle d’audience, de découvrir le siège, d’avoir une expérience différente. Cette année, pour donner un accès plus facile au plus grand nombre de conseils de la sous-région, le séminaire a été organisé à Dakar. Ce contact direct avec l’Afrique n’est pas pour autant une première. Nous avons déjà organisé sur le continent nombre de séminaires, de conférences, d’ateliers d’information avec les avocats, les journalistes, les ONG ou les universités dans différentes zones. L’Union africaine elle-même nous avait d’ailleurs très gentiment et très généreusement accueilli à Addis-Abeba il y a quelque temps et à d’autres occasions d’ailleurs.

La CPI conduit ce genre d’activités, d’abord en rapport avec les enquêtes, mais également pour permettre au public en général d’avoir une meilleure connaissance de la CPI. Cela participe à faciliter la coopération. Cela permet aussi à la CPI d’avoir une liste exhaustive de conseils autorisés à représenter les victimes comme les suspects. Ce qui permet à ceux-ci d’avoir un choix plus large afin qu’ils soient dans une relation de totale confiance et de compréhension mutuelle avec leurs avocats. 

Scribouille :  C’est donc important pour la CPI que de sortir de ses murs ?

F. E. A. : Le souci pour la Cour est de sensibiliser et d’informer, principalement, dans les zones liées aux enquêtes. C’est tout à fait normal parce qu’il est logique que les victimes puissent comprendre leurs droits pour pouvoir les exercer. Nous accordons donc tout d’abord une attention particulière aux communautés affectées mais aussi aux États ou aux régions concernés par des enquêtes parce qu’il y a des demandes de coopération qui doivent être mises en place. Chaque fois qu’il y a une meilleure compréhension de la CPI, il y a naturellement plus de facilitations accordées parce qu’on peut s’entendre sur ce que fait l’institution. Le greffier, le greffe en général, c’est l’organe qui est chargé de la communication avec les États et de tout ce qui est non judiciaire à la Cour, notamment la protection des témoins, la facilitation de la participation des victimes, la coopération, etc. Il est donc tout à fait normal que le greffier rencontre les autorités des pays auxquels on demande une coopération.

PARU DANS 54 ÉTATS, LE JOURNAL DE L’AFRIQUE.

http://www.54etats.com

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