Sanji Mmasenono Monageng : « Aller vers nos partenaires africains »

réalisé par Hervé Pugi.

Première vice-présidente de la Cour pénale internationale (CPI), Sanji Mmasenono Monageng était présente au rendez-vous organisé du côté de Dakar. La juge botswanaise revient sans détour sur la relation entretenue par la Cour avec l’Afrique. Elle affirme également ses convictions, fortes, quant à la mission assignée à une institution judiciaire, pas toujours bien comprise. L’occasion également de revenir sur les défis majeurs et les difficultés rencontrés par la CPI pour parvenir à remplir pleinement son mandat.

Scribouille : En quoi est-ce important pour la Cour pénale internationale d’être présente en ce jour à Dakar au Sénégal ?

Sanji Mmasenono Monageng (S. M. M.) : Il est important de rappeler que ce n’est pas la première fois que la CPI se déplace en Afrique. Mais il nous semblait primordial d’organiser cet événement ici pour aller vers nos partenaires africains. Cette réunion se tient habituellement à La Haye, aux Pays-Bas, mais la volonté était profonde de la part de la Cour de venir jusqu’à Dakar. Ce séminaire et les formations qui l’accompagnent doivent en effet permettre de renforcer les capacités de nos partenaires. Car on peut clairement parler de partenariat. Il était donc vraiment important de nous retrouver tous ensemble.

Scribouille : La CPI est particulièrement décriée en Afrique depuis quelques temps. Pourriez-vous nous dire en quoi elle est une chance pour le continent ?

M. M. : La Cour est une chance pour l’Afrique comme elle l’est pour n’importe quelle région du monde. Et, bien entendu, l’Afrique fait pleinement partie de la Communauté internationale. La CPI combat l’impunité. Mais ce qui, encore une fois, est très important, c’est de permettre à l’Afrique de renforcer ses capacités en matière pénale. Nous ne voulons rien imposer nous-mêmes. Clairement, tout le monde tirera bénéfice de ces bonnes relations. Autant l’Afrique que la Cour pénale internationale.

Scribouille : Quels sont les challenges majeurs auxquels la CPI doit faire face ?

M. M. : La plus grande difficulté pour la Cour pénale internationale est assurément de faire comparaître les prévenus. Voilà notre grand challenge. Il y a beaucoup de mandats d’arrêt aujourd’hui en suspens. Il faut bien être conscient que la CPI n’a pas de force de police à sa disposition. Nous ne pouvons donc pas arrêter ces personnes. Nous dépendons du bon vouloir des États, de leur collaboration ou pas, de leur reconnaissance ou pas de la CPI. L’autre grand objectif, crucial pour nous, est celui de la compréhension. Nous avons besoin de nous comprendre les uns les autres. C’est particulièrement vrai dans la relation entre la Cour et l’Afrique. Il faut conserver ce dialogue, comprendre quel est notre rôle et le devoir de chacun. Ce point est un vrai problème en Afrique. Nous avons besoin de trouver une voie, tous ensemble, de dépasser nos différences pour aboutir à une vision commune sur toutes ces questions.

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