al-Sissi : le pompier pyromane !

par Hervé Pugi.

Deux morts à Assouan, un autre au Caire, le tout en l’espace de 24 heures. L’Égypte fait face à la menace terroriste. Preuve s’il en est que le président al-Sissi, pourfendeur de tout ce que le pays compte d’islamistes, est un pion majeur de la guerre contre le terrorisme. Vraiment ? On peut légitimement se demander si le maréchal ne souffre pas du syndrome du pompier pyromane.

Beaucoup ont accueilli avec un énorme soulagement la destitution du président Morsi par l’armée, prétendue garante de la révolution. Il faut dire que le président du Parti liberté et justice, alors au pouvoir, a autant brillé par son amateurisme que par son conservatisme de mauvais aloi. De quoi inquiéter alors que l’Égypte joue un rôle prépondérant, entre Machrek et Maghreb, dans une région du monde aux tensions exacerbées.

Comment ne pas affirmer qu’en chassant Moubarak pour installer al-Sissi, nombre d’Égyptiens ont fait le choix de perpétuer un régime autocratique mis en place depuis des décennies. Il faut dire que la voix vers la démocratie est parsemée de craintes et d’embuches. La Tunisie, comme tant de pays dans l’histoire, peut en témoigner. L’inconnu est un risque que l’Égypte n’a pas voulu courir. Normal dans un pays à l’islamisme rampant ?

 Un Robespierre époque « Terreur »

La problématique n’est pas nouvelle. Elle n’est surtout pas exclusive. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que celui qui se dit le grand défenseur de la démocratie contre la tyrannie islamiste n’a fait que souffler sur des braises déjà incandescentes. En chassant sans ménagement du pouvoir les Frères musulmans, pourtant parvenus au pouvoir par les urnes, al-Sissi les a littéralement exclu du jeu démocratique pour les faire retomber dans la pire des radicalités.

De l’uniforme au costume, le président-maréchal n’a eu de cesse de pourchasser les « déviants ». Avec plusieurs milliers de « Frères » emprisonnés et près de 2 000 condamnés à mort (alors que la famille Mubarak s’en sort sans trop de dommages), si al-Sissi est un révolutionnaire, il a beaucoup pris d’un Robespierre époque « Terreur ». Sans ouverture face à une répression effrénée, quelle autre porte de sortie pour les islamistes, par essence radicaux, de plonger dans le terrorisme. Ce qui ne manque pas de faire le jeu du nouveau maître du Caire qui se présente comme l’ultime rempart face à la barbarie de fanatiques qu’il a contribué à créer.

Clairement, le pompier-pyromane al-Sissi joue. Il joue avec le feu. Et, à force, il pourrait bien se brûler et embraser toute l’Égypte !

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