Algérie : « Saïd Bouteflika ne veut pas le poste »

par Hervé Pugi.

Rencontre avec un ancien proche du « sérail » en Algérie. Désormais en retrait de la vie politique, il revient avec nous sur certains grands thèmes qui agitent l’actualité politique algérienne. Notre troisième volet aborde le thème de la succession.

Le général Toufik, puissant patron du DRS, et le président Bouteflika en bout de course, la prochaine échéance présidentielle, prévue pour 2019, laisse planer toutes les suppositions quant au sujet « qui prendra la suite ? »

« Il n’y a pas d’homme providentiel », pour notre interlocuteur, qui abandonne dans un soupir un « ça se saurait » lourd de sens. Les potentiels candidats son bien connus : d’Ali Benflis, « devenu » éternel opposant, à Abdelmalek Sellal, le Premier ministre, en passant par Ahmed Ouyahia, actuel directeur de cabinet de la présidence. Tels sont les personnages les plus en vus dans la sphère politico-médiatique. Le nom d’Amar Saâdani, aujourd’hui patron du Front de libération nationale (FLN), éveille pour sa part tout au plus un sourire sur les lèvres et une simple remarque : « si vous souhaitez ne jamais avoir le pouvoir, devenez secrétaire général du FLN ! »

Ali Benflis l’a d’ailleurs été de 2001 à 2004, avant de rentrer en dissidence. Celui qui a fondé récemment un nouveau parti, Talaiou El-Houriyet, « n’est pas un mauvais », à en croire les dires de notre homme, « mais vous ne pouvez pas devenir le candidat anti-système lorsque vous l’avez si bien servi. Du moins, vous ne pouvez pas le faire oublier. » Autre point important, « Benflis s’est enfermé dans un face-à-face direct avec Bouteflika. Ça peut sembler méritoire à certains. Pour moi, c’était juste crétin ! Premièrement, il ne pouvait pas gagner. Deuxièmement, il y avait mieux à faire comme coordonner les forces de tout ceux qui veulent un changement. Mais, tout se résume à un fait : vous menez la politique du gouvernement pendant trois ans, on vous limoge et, dans la foulée, vous rentrez en dissidence. » De fait celui qui fut Premier ministre de Bouteflika, entre août 2000 et mai 2003, se présentera face à lui lors de la présidentielle d’avril… 2004.

Un autre duel a lieu. Dans les plus hautes sphères cette fois. Il oppose Ahmed Ouyahia à Abdelmalek Sellal. Deux hommes qui « se ressemblent finalement beaucoup ». Comprendre par là que « l’un comme l’autre ont prouvé qu’ils étaient de parfaits apparatchiks. Ce sont des hommes d’appareil surtout et avant tout. Des purs produits du FLN qui ne peuvent que maintenir le statu quo. Est-ce cela dont a besoin le pays ? » De fait, Ouyahia comme Sellal apparaissent à notre analyste de l’ombre comme « trop faibles au regard des enjeux qui attendent l’Algérie. » Ce qui ne signifie pas pour autant que l’un ou l’autre ne sera pas l’élu mais « rien n’en sortirait de bon car leur seule optique est algéro-algérienne. Le monde change, il serait temps que l’Algérie aussi. »

Un dernier nom sort bien évidemment du chapeau. L’homme dans l’ombre du président que certains présentent comme le véritable maître du pays : Saïd Bouteflika, frère du chef de l’État. Là, aucun doute pour notre interlocuteur, « si Saïd gouverne véritablement le pays, son bilan est peu glorieux. Des conseillers « occultes », en politique, ça a toujours existé. Que vous soyez l’épouse, le frère ou un lointain cousin ne me pose aucun souci. Penser que Saïd est LE problème, c’est de l’enfumage. Franchement, je vais vous dire, il ne veut pas le poste. Ses intérêts sont ailleurs. L’important pour lui, dans le futur, c’est de garder l’oreille du prochain pensionnaire de la présidence. »

Dans tout les cas, « il n’y aura pas de rupture », martèle l’ancien du Sérail, « le problème désormais pour le « système » c’est de trouver la bonne personne qui saura assurer, non pas la transition, mais sa mutation. C’est un défi pour ces gens sans grande imagination. La crise du prix du pétrole, la situation sécuritaire alarmante dans notre environnement proche, l’absence d’ouverture du pays malgré la mondialisation. Tout cela rend indispensable une vision nouvelle. Ne serait-ce qu’en surface… »

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Une réflexion au sujet de « Algérie : « Saïd Bouteflika ne veut pas le poste » »

  1. ci les grands décideures les invisible prenne une grande décision dan l’intairet de l’algérie et des algériens il vau mieux contuniér avec notre cher le président bouteflika ci non le grand homme si ahmed ouyahia le sauveur. le patriote des années 90.et le mieux placer pour les cinq ou dix années prochenes

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