Palestine : un drapeau et du vent…

par Hervé Pugi.

Le symbole est  fort : le drapeau de la Palestine a été hissé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies se tenant actuellement à New York. Une reconnaissance ? Pas vraiment. Un geste qui a provoqué l’euphorie dans les territoires palestiniens qui ne laisse en rien présager du règlement prochain d’une situation, dont tout le monde semble se désintéresser.

Les photos prises et les caméras coupées, que reste-t-il finalement de cette Palestine dont l’oriflamme flotte désormais comme toute autre nation ? Pas grand chose sinon des territoires confettis éparpillés, ici où là, sans parler de la bande de Gaza, et un président Mahmoud Abbas pieds et mains liés par la toute puissance israélienne qui agit à sa guise sur ses terres. « Nous ne sommes plus liés à ces accords (ceux d’Oslo). Notre patience est arrivée à bout », n’a pas hésité à annoncer le président de l’Autorité palestinienne devant un hémicycle finalement peu réceptif. Du haut de ses 80 ans, le vieux lion sait sûrement qu’il ne verra pas cette indépendance promise en Norvège et espérée pour 1999.

Les réalités géopolitiques et les intérêts en jeu sont tels que l’évidence même que la seule possibilité crédible pour espérer un jour arriver à un règlement du conflit ne peut-être que la cohabitation de ces deux États. « Remettre les Sionistes à la mer », un vieux mot d’ordre, apparaît plus que jamais comme une lubie populiste n’ayant d’autre intérêt qu’endormir les intellects et agiter les consciences d’une rue arabe très mobilisée lorsque leurs dirigeants se désintéressent complètement du dossier. Quant au fait de coloniser, atomiser, verrouiller, le puzzle palestinien comme les Israéliens le pratiquent actuellement, cette politique du poing serré n’a d’autre incidence que de radicaliser des populations désespérées et avides de revanche.

En même temps, au milieu de quelques âmes bien intentionnées de part et d’autre, cet état de fait est une bénédiction pour les mille Machiavel que comptent chaque camp. Quant le Hamas et d’autres groupes affiliées ou dissidents spécialisés dans la bêtise religieuse ressemblent de plus en plus à des mafias organisés, l’État hébreux se nourrit de la terreur inspirée par ceux qui prétendent défendre leur cause à coup de roquettes. Inévitablement, les opposés s’attirent et se rejoignent uniquement pour trouver en l’autre une légitimité dans cette fuite en avant qu’est le recours aux armes.

Finalement, cette crise israélo-palestinienne semble être devenue d’une banalité ennuyeuse pour les leaders de cette planète qui ont trouvé dans l’État islamique un ennemi commun bien plus aisé sur lequel… se diviser. Pendant ce temps, à Tel-Aviv et Gaza, on crie à gorge déployée qu’il s’agit bien d’un droit élémentaire que celui de se défendre. Que ce soit contre l’envahisseur ou le terroriste. Il n’est évidemment jamais bon ton dans ce conflit que de renvoyer Israéliens et Palestiniens dos à dos. Ne discutons pas des origines, réfléchissons au présent. Les extrémistes des deux camps se nourrissent (et se réjouissent) du statu quo, malgré leurs dénégations. Il faut toujours se méfier de ceux qui énoncent sans jamais ciller et constamment vouloir le bonheur de leur peuple. Et Mahmoud Abbas dans tout cela ? Il balaie les ruines de la présidence de Ramallah. Il balaie les ruines d’une Autorité qui n’en a jamais eue et à que personne, même dans les rangs palestiniens, n’a voulue lui offrir. Il balaie les espoirs nés des Accords d’Oslo. Ce dossier n’est que poussière… et sang.

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