Algérie : et si c’était Hamrouche ?

par Hervé Pugi.

La présidentielle de 2014 en Algérie est encore toute fraiche. Pourtant, la question de la succession d’Abdelaziz Boutelika est déjà présente dans bien des esprits. Un travail de lobbying se fait autour de potentiels candidats. Parmi les noms qui circulent, celui de Mouloud Hamrouche…

Le fait de gloire de Mouloud Hamrouche ? Celui d’avoir été le chef du gouvernement dit des « réformateurs » qui a présidé à la destinée de l’Algérie entre septembre 1989 et juin 1991. Une politique d’ouverture malheureusement concomitante de la montée en puissance du Front islamique du salut (FIS) qui ouvrira la meurtrière et sanglante décennie noire. Un sacré caillou dans la chaussure de celui que ses soutiens n’hésitent pas à qualifier de « seul recours crédible pour remettre l’Algérie debout ».

Alors que le prochain scrutin présidentiel est attendu pour 2019, cet ancien du FLN aspirerait donc à revenir par la grande porte : 30 ans après son passage au pouvoir. Ce « fils du système », ainsi qu’il s’est un jour lui-même qualifié, a pris le temps. Celui d’observer l’évolution du monde et de son pays. Un recul qui l’aurait conduit à décider de ne surtout plus griller ses cartouches en tentant de s’opposer à l’intouchable Bouteflika. « Pas question de jouer à l’idiot utile, comme a pu le faire Ali Benflis », explique-t-on dans son entourage, « l’espace politique pour une quelconque alternative n’existait pas ».

La donne devrait prochainement changer. La fin du règne Bouteflika pourrait-il être le renouveau de la démocratie algérienne ? Dur à croire tant le système paraît verrouillé, malgré le grand ménage effectué ces dernières années du côté du DRS. Pourtant, nos interlocuteurs l’affirment : « même chez les gradés, notamment les plus jeunes, il existe un désir de changement et Hamrouche apparaît comme une personnalité capable d’assurer une transition en douceur entre le système actuel et un nouveau plus libéral ».

C’est là le principal argument de ceux qui défendent le natif d’El Harrouch. Hamrouche connaît le système et les hommes qui le composent. Il n’ignore rien de leurs attentes ni de leurs craintes. Il sait surtout qu’une rupture trop brusque dans la gouvernance du pays, aussi imparfaite soit-elle, n’est ni possible ni souhaitable. Ce que défendrait le septuagénaire, à en croire ses partisans, c’est de donner du temps au temps pour mettre de l’ordre dans les affaires algériennes.

« Quel autre homme politique algérien peut aujourd’hui casser cette approche autocentrée, algéro-algérienne ? Nos dirigeants ont une vision anachronique de la diplomatie, de l’économie et de la société. Cela ne peut plus durer. Tout le monde constate désormais que la seule rente pétrolière ne pourra suffire à assurer la prospérité du pays et de ses citoyens » s’insurge l’un des protagonistes. Mouloud Hamrouche lui apparaît comme le seul ayant l’envergure, la connaissance et l’expérience pour sortir le pays de l’ornière.

Reste maintenant à savoir quel candidat la présidence et le système coopteront dans les prochaines années. Si ceux-ci le font, bien évidemment. Et puis, surtout, quel accueil réservera le peuple algérien à Mouloud Hamrouche. À condition que celui-ci se décide sérieusement à replonger dans les méandres de la si complexe et piégeuse politique algérienne. Rien ne serait encore arrêté mais certains se mobilisent déjà !

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