Cairo Benzouille

1. Je lui ai dit « Wait ‘amigo’, I have to change my money before… » et cela a suffi pour qu’il me « déclame » La Bamba ou La Cucaracha avec les trois mots improbables d’espagnol qu’il possédait certainement. Ce qui est déjà bien plus que ce que je sais moi-même de la langue de Cervantès qui ne se résume jamais finalement à autre chose que « Cerveza, per favor », évidemment, comme tout bon con de base. Lui n’était animé que de bonnes intentions, il voulait juste me conduire jusqu’à mon hôtel du Caire dans une berline de luxe pour un prix défiant toute concurrence. Il me proposa même une limousine, sans option champagne & pute, qui aurait clairement fait un sacré effet si j’avais opté pour un hôtel de luxe de la capitale et avait une certaine appétence pour tout ce qui est de mauvais goût. Mais j’ai beau descendre d’un avion, je ne suis jamais qu’un nuage. Et je n’ai beau être qu’un nuage, je n’ai pas l’habitude de tutoyer les gratte-ciels des luxueuses chaînes hôtelières. Alors, je me mis à rire bêtement et le suivit en continuant à rigoler, lâchant possiblement un « Cerveza, per favor » au milieu de l’improbable discussion qui s’ensuivit jusqu’à la station de taxi où, pas rancunier, il réveilla pour moi un chauffeur épuisé en ce milieu de nuit.

Lui n’a pas été mon « amigo », il n’a d’ailleurs rien été ou plutôt n’ai-je été pour lui qu’une apparition furtive dans son rêve jamais réellement interrompu. J’ai bien cherché à lui dire quelques mots, essentiellement pour le tenir éveillé, mais il ne m’a jamais compris. Ni même cherché à me comprendre. Je faisais partie intégrante de ce songe familier dans lequel il conduisait à toute berzingue un gars blafard et cerné jusqu’aux portes d’un enfer que même un Rodin halluciné aurait été incapable de façonner.

Et, effectivement, nous roulions comme des dingues sur d’improbables passerelles métalliques qui s’enfonçaient au ras des immeubles en plein cœur de cette immense cité, grande mutilée, sorte de gueule cassée du monde arabe, qui semble effectivement tout combiner pour rendre toute forme de vie infernale. J’en étais d’ailleurs presque, dans mon vertige intérieur, à tenter d’ouvrir les fenêtres de mon taxi pour hurler des excuses à ces bonnes gens affectés dans leur sommeil par mon périple nocturne. Mais ma grande expérience des voyages en taxi dans ce même univers m’a appris l’importance de la plus parfaite immobilité. Il s’agit de s’asseoir dos bien droit, pieds bien calés, bras parallèles – parfaitement relâchés – mais prêts à réagir sur le moment, et surtout ne rien toucher ! Moins encore la portière qui n’ait jamais aussi bien fermée que lorsque les pompiers viennent vous désencastrer. J’imagine.

Ce n’aurait pu être qu’un cauchemar de plus comme j’ai appris à les aimer.

Le mec gara soudain la voiture le long du trottoir d’une grande avenue, tourna la clé de contact, se pencha vers mois sans animosité mais avec grand sérieux, malgré son air comateux, pour me dire avec gravité : « Gèpess. » Je le regardais moi-même avec cet air ahuri qui ne me quitte jamais, ne me sied guère mais dont je sais désormais fabuleusement tirer partie lors de tels circonstances ubuesques. Il répéta « gèpess » en baillant. Je baillais à mon tour, histoire de gagner un peu de temps, en me demandant de quel pharaon était-il en train de me parler là. Forcément, en Egypte… Je souriais nerveusement, me marrais intérieurement, commençais aussi à avoir envie de pleurer. Fatigue. Lui avait tout de l’automate cassé, yeux mi-clos, répétant machinalement « gèpess… gèpess… gèpess… » comme si ça allait faire avancer notre putain d’affaire.

Il sortit alors de sa poche un portable et je compris seulement alors qu’il me demandait d’activer le GPS de mon smartphone pour trouver l’hôtel. Mais je n’avais « no gèpess » d’actif là, ce qu’il eut du mal à croire et le plongea dans une forme d’indignation doublée d’une réprobation qui transparaissaient dans la moue soudainement expressive de son visage semblant enfin émerger du pays des rêveries.

Je ne saurais dire s’il réfléchissait, ce qui pouvait alors lui passer par la tête, combien de temps tout cela a duré, cela me sembla interminable sur le moment, mais j’ai ce souvenir de nous, le moustachu et moi, qui restions là tels deux amants fautifs et désabusés, déchirés en réalité. Deux êtres seuls au monde dans une mégalopole, garés dans une avenue quasi déserte à attendre que l’apocalypse arrive pour nous et que cesse notre impossible et fugitive romance.

« Gèpess, mon amour… »

Mon organisme tout aussi engourdi que le sien consentit alors à sortir de son mode veille, pour lui susurrer aussi tendrement que possible à l’oreille « Tahrir square ! Just Tahrir square, after it’s ok ! » Oui, je prenais conscience que mon hôtel n’était qu’à 50 mètres de cette immense, centrale et bien connue place Tahrir. Pas bien compliqué, bordel ! Je lui sortis l’adresse en français, en anglais, en arabe, je tentais même une version La Bamba (au cas où) mais rien n’y faisait. J’avais réveillé le seul putain de chauffeur de taxi de tout Le Caire qui ne savait pas aller place Tahrir ! Ou ne voulait pas. Le complot (re)commençait. Il me regarda, toute indignation et réprobation envolées, avec la même vacuité dans le regard que précédemment pour me répondre… « gèpess ». Ce qui finit par me plonger dans un Error System quasi fatal. « No Gèpess, mon amour, excuse me… » Mais je ne suis qu’un nuage, je ne suis qu’un élément du décor de ce rêve. Je ne fais jamais que passer, comme tout bon nuage, et finis toujours par disparaître. Place Tahrir ou ailleurs. Avec ou sans « gèpess ».

2. « Bonne chance ! » C’est ainsi que je fus accueilli dans mon hôtel lorsque le réceptionniste à la mine enfarinée, sorte de double de ma personne, s’empara de mon passeport. Je ne le savais pas encore comme je ne saurais l’expliquer mais c’est ce que l’Egyptien de la rue, qu’il ait quelque chose à vendre ou pas, vous dit avec un sourire en coin et un léger accent dès qu’il apprend que vous êtes Français. Cela donne un « buone chaaanze » absolument charmant. Mais, sur le moment, ce « bonne chance » a sonné et résonné comme un avertissement. Le complot. Il ne pouvait que s’agir de cela et la découverte de ma chambre, habilement choisie en moins de cinq minutes en ne regardant que le prix, n’en fut qu’une confirmation.

Le mini-frigo, complètement givré, ruminait sa colère dans son coin tandis que le tempétueux climatiseur ignorait totalement qu’il était en train de se faire un puissant ennemi. Je les aurais à l’oeil, à l’oreille surtout, peu importe le lit choisi. Or, je me trompe rarement dès lors qu’il s’agit de faire un mauvais choix. Surtout lorsqu’aucun des deux ne s’avère être le bon. Et puis pas de généreuse baie vitrée ici comme à NKTT mais une ridicule lucarne donnant directement sur le balcon constamment fermé du bâtiment d’en face de cette minuscule impasse où chacun aimait à venir fumer sa clope et se disputer à toute heure du jour et de la nuit. J’en regrettais déjà ma cellule tripolitaine toute monastique, ce grand placard sans fenêtre où on avait jeté avec grand soin un bon matelas de poussière au sol. Là, je connus de fameuses nuits d’angoisses comme d’extases. Nostalgie des mes puces libyennes qui s’évanouirent avec le néon de ma salle de bain. Mais je ne suis qu’un nuage et quoi de plus douillet que ma brume ? Si vous ne trouvez de refuge en vous-même où donc trouverez-vous refuge ?

Mais déjà le chant du toujours très matinal muezzin vint me réconforter dans ce nouvel exil. J’aurais aimé que dieu existe, s’Il n’est moi, pour qu’il puisse entendre la beauté de cet appel pourtant si familier désormais. Un moment de pure poésie, d’un rare lyrisme dont se dégageait une ferveur expurgée de tout fanatisme. Et puis qu’est-ce que la réelle beauté sinon une autre forme d’humilité ? Celle-là même que l’on réclame à n’importe quel croyant. Ce muezzin, malgré tout son talent, louangeait comme le plus humble des musulmans. En cela, il touchait tout autant le divin que le cœur des hommes et c’est certainement pour cela que fidèles et mécréants l’excusaient volontiers de venir ainsi avec l’aube troubler le seul instant de quiétude que les Cairotes accordent à leur ville.

« Buone chaaanze ! » gazouilla également la relève derrière le comptoir de la réception quelques heures plus tard. Oui, lui aussi savait qui j’étais sur les papiers. De la chance, je ne doutais pas en avoir besoin durant les prochaines minutes. Le premier jour en terre inconnue est généralement celui de l’apprivoisement. Le travail vient après car, oui, une rue s’apprivoise d’abord. Il faut déceler ses codes, comprendre ses possibilités et ses interdits, tester ses regards. Il faut sentir sa vibration dans ce qu’elle a de plus réelle, se défaire de tout fantasme malvenu car trompeur. Plus encore une rue comme celle-ci où tout le monde semble se croiser sans se voir mais où personne ne manque jamais de scruter ce que l’autre dit, fait ou est.

Ces premiers instants furent de fait bien plus un réapprentissage de principes a priori sommaires. Mais, disons-le, il y a des coins au Caire où, pour des raisons de sécurité (qui ne sont pas les vôtres), on trouve plus prudent de vous faire marcher sur la chaussée le long de voies rapides qui – fort heureusement – restent de longues heures sans réellement avancer plutôt que sur le trottoir ! Et puis par ailleurs qu’est-ce qu’un trottoir sinon l’extension sauvage d’un commerce débordant d’activité ? Ta place, marcheur, est dans le caniveau. Voilà tout. « Bonne chance », c’est aussi ce que vous vous dites au moment de traverser une artère imposante où seuls quelques ponts, séparés de plusieurs kilomètres vous assurent une réelle chance de survie ! On apprend clairement à risquer sa vie mais plus encore, dans mon cas, à user de celle des autres. Je pris finalement le parti de faire usage de boucliers humains : un père avec sa fillette, un groupe de respectables antiquités « hidjabées », une bande de jeunes inconscients. Suffit de repérer le bon client et d’emboîter le pas sans se mettre en première ligne. J’oubliais : ne jamais suivre un(e) blond(e).

J’ai donc passé ces premières heures égyptiennes à tournoyer autour de mon hôtel, à découvrir les moindres recoins du quartier environnant. Pas pour des raisons de sécurité. Juste pour maîtriser mon environnement, répondre à mes besoins et pouvoir me dépatouiller d’un démarcheur insistant par un « là, j’ai pas le temps mais je repasse tout à l’heure, promis »… sans avoir à le recroiser. Et puis, l’essentiel, trouver un petit commerçant, le boui-boui du coin. Je n’attends que trois choses du mien : de l’eau, du pain et une arnaque raisonnable. J’y retourne alors chaque jour comme je ne change généralement guère de terrasse de café.

Rentrer dans une routine, c’est savoir se fondre dans un paysage…

Manquer de se faire écraser cent fois en deux heures en était quelque part une de routine. Pas de celle toutefois qui me permettrait de passer inaperçu. Toujours mon objectif. Il ne m’a donc pas fallu apprivoiser mais dompter la place Tahrir et ses mille fauves. Avec difficulté, je le concède, mais je ne suis qu’un nuage, n’est-ce pas, et si certains prétendent soulever des montagnes, qui affirmera pouvoir renverser un nuage ?

3. « C’est un art que de plonger dans une vie sans jamais réellement se mouiller » nota le clown triste privé de son nez rouge tandis qu’il posait carnets et stylos près de lui sur le petit banc crasseux. Il afficha un timide sourire sur ce masque de fatigue qui ne le quittait plus depuis près d’une semaine. Il apparaissait soulagé, apaisé intérieurement surtout, même s’il le concéda à une punaise des bois de passage : « Chuis complètement benzouille là ! »

(Benzouille est un néologisme harfien évoquant une forme d’altération de la conscience provoquée par le manque de sommeil et une certaine sous-alimentation.)

Yep, il était benzouille le Harfi ce jeudi 12 septembre 2019 dans le soleil couchant. Il était passé d’une rive à une autre, d’un rêve au suivant, sans même s’en apercevoir. Il voguait entre deux eaux cristallines qui en dévoilaient bien plus qu’il n’en avait jamais vu sur ce monde comme sur lui-même.

Dans son esprit, il n’y avait plus ni ciel ni terre. Ce moment n’était qu’un tout parfait dénué de dualisme. Un tout parfait avec son lot d’injustice, de révolte et de violence comme il ne manquait ni de richesse, de félicité ou de bienveillance sur cette planète. Oui, ce moment était parfait car Harfi ne recherchait plus une quelconque vérité décisive. Il avait quitté ses vieux vêtements souillés d’indécision pour se présenter au monde nu car sans préjugés. Ainsi désarmé, il lui sembla tout à coup qu’il n’y avait désormais de lieu où il ne puisse aller…

***

De fait, cette plénitude nouvelle ne pouvait simplement résulter du seul sentiment du devoir accompli. Ok, le voyage touchait à sa fin et le boulot avait été fait et plutôt bien fait. Il avait rencontré les Frères (musulmans) et le reste de la famille. Même le tonton policier qui avait heureusement bien voulu croire à son meilleur mensonge pour le laisser filer. Il avait surtout respectueusement visité la cité des morts d’El Arafa, ce quartier-nécropole, en compagnie d’un vivant qui avait tout d’un spectre. Le coupe-gorge était en fait un attrape-coeur et si le touriste se risquait bien à un coup de bâton de la part d’un ancien, le journaliste y avait été aimablement reçu par tout le monde.

Ces magnifiques pestiférés en avaient gros sur le cœur. Mais qui pour les écouter ? Qui ? Pas grand monde sinon ce journaleux prétendant prêter une oreille attentive à leur destin singulier. Car figurez-vous que le journaliste, cette bête immonde, ce vicieux voyeur, accepte parfois (sans qu’on le lui demande d’ailleurs) de garder son matos au fin fond de son sac pour bêtement parler avec des inconnus comme un simple… humain. Attention, scoop. Ce qu’il est !

Les pyramides ? Il n’avait étrangement pas grand chose à en dire le Fi. Majestueux, grandiose, ouais. A voir ? Absolument. Pour le reste, il ne manquait pas de documentaires à la télé. Et puis trop de touristes, trop de guides, trop de policiers, trop de bakchich quémandés, trop de cars, trop de voitures, trop de dromadaires, trop de chevaux, trop de mouches, trop de sable, trop de soleil, trop de pierre, trop d’angle, trop de trop, trop… trop… trop… Trop de trot aussi en une semaine. Trop de « trotro », ouais, en fait. Trop de fatigue du coup, surtout. Ouais.

Petit clown sortit un instant de sa torpeur. Au large, une jolie felouque se jouait du vent en louvoyant. Cela lui plut. Il avait l’impression de se voir en elle. Il s’empara alors d’un petit carnet aux pages jaunis et sans trop d’application y abandonna ces quelques mots soigneusement choisis : « Mes bateaux ne sont que papiers sur lesquels je jette une encre qui me retient près de moi. » Cela lui plut également, sans aucune raison. Il trouvait ça beau et cela lui suffisait.

Depuis son banc, en contrebas, il pouvait observer la cohorte des passants déferlant sur le pont Qasr Al-Nil. Ils les reconnaissaient tous (ou presque). La plupart étaient de ceux qui l’avaient forcé à se barricader dans sa chambre d’hôtel ! Ce jeudi, lui qui s’était assigné pour mission de jouer à Champollion, autrement dit de déchiffrer ses propres hiéroglyphes pour en extirper un solide papier, s’était en fin de compte retrouvé à batailler. Le Caire et son incroyable brouhaha s’imposaient de force dans cette petite pièce déjà surpeuplée de questionnements et de doutes inutiles. Non merci.

De fait, même la petite sieste salvatrice du début d’après-midi prêtait à suspicion. Harfi n’était plus bien certain de l’avoir faite. Il lui semblait bien plus avoir été agressé, passé à tabac par une avalanche de violents coups de klaxon qui l’auraient complètement mis KO. Une sieste ? Un coma voulez-vous dire… Cette idée le fit sourire comme il se souvint avoir perdu un œil quelques instants plus tôt, là haut sur le pont, lorsque l’un de ces petits photographes des rues lui avait tiré le portrait sans sommation d’un coup de flash agressif. Une bavure qui avait pris des allures de torture à la découverte de l’horrible cliché.

Le manège là-haut était adorable. Des dizaines de jeunes couples, aspirants ou (déjà) désespérés, s’y donnaient rendez-vous chaque soir pour se tourner autour, se frôler, se susurrer des promesses d’éternité – mais pas de trop près quand même – sans jamais pouvoir céder à ce désir bien humain de saisir l’autre pour le plaquer tendrement contre son corps, pour emprisonner son coeur. On trouvait d’ailleurs dans le regard de certain(e)s plus que du simple désir mais bien une urgence charnelle face à la violence de ce trop de pudeur.

Il était resté un moment à les regarder Harfi perdu dans son extase, complètement benzouille en vérité. Un peu jaloux aussi. Il avait observé ce grand théâtre de la vie avec délectation, s’ancrant dans l’instant tout en laissant vagabonder ses pensées. Elles flottaient comme un nuage le ferait car, ce fou figurez-vous, se prenait pour un nuage. Cela le rassurait car un nuage ne meurt jamais. Il ne fait que changer de forme.

Une seconde seulement son esprit se chargea de gris. Les mots d’Albert Camus dans La Peste lui revinrent à l’esprit : « Il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul. » C’était vrai mais lui ressentit surtout une énorme tristesse à se demander ce que pouvait bien devenir tous ces bons moments qui ne s’échangeaient, ne se partageaient, ni ne se prolongeaient avec l’Autre. Quel était donc ce purgatoire de solitude ? Il perça alors au grand jour le fameux complot : « C’est moi m’évertuant à me saborder moi-même, à me couler sans raison. C’est tout. » Il vit alors chaque contrariété de la semaine écoulée se muer en une bénédiction.

Et puis est-on jamais véritablement seul sur cette planète ? On ne vit pas seulement par et pour soi-même, nous sommes aussi vécus par les autres ! Il réalisa tout d’un coup que, en réalité, ce qu’il souhaitait le plus au monde à cet instant était très certainement d’être et de rester à tout jamais un éternel étranger partout sur cette planète. Jusque chez lui d’ailleurs. Un étranger qui ne comprend rien à rien mais ne demande qu’à ouvrir grands les yeux pour apprendre, apprendre de tous.

Et puis… Et puis… Et puis surtout…

Il était mort de faim.

Le mot de la fin.

 

Tryptique

Cairo « Benzouille » non-poetic

Le Caire.

Sans poésie.

(Alors, je joue)

Le Caire.

L’apoétique.

(sur un banc.)

Le Caire.

La politique.

(Laisse-moi)

Le Caire.

Le poli tique.

(jouer encore)

Le Caire.

L’islamique.

(un peu)

Le Caire.

L’islam nique.

(avec tes nerfs.)

Le Caire.

Morsi
si mort.

(Un pour tous,)

Le Caire.

Morsi mort.

Si, si !

(tous pour lui.)

Le Caire.

Al-Sissi

mord si…

(Tout est perdu.)

Le Caire.

La poétique

apoétique.

Le poète tique.

Le pote tique.

La tique pète.

La pote tique pouet.

Pouet pouet.

(Je deviens fou !)

Le Caire.

Fini de jouer.

Le Caire.

Le jeu était biaisé.

Le Caire.

Tu m’as baisé.

Tu as baisé mon cerveau.

Mon cerveau lent

égaré dans les nuages

de ta pollution.

Le Caire.

Joué. Perdu.

Cairo « Benzouille » trip

C’est toi qui a raison.

 

Pourquoi jeter l’ancre ?

Pourquoi sauter

dans une énième felouque ?

Pourquoi passer ainsi

indéfiniment

d’une rive à une autre ?

 

Là où tout semble changer

mais

où l’horizon n’est jamais différent.

 

Du nord au sud, c’est là l’aventure, hein ?

 

C’est toi qui a raison.

Pourquoi jeter l’ancre ?

 

File, file sur ta felouque sacrée…

 

Où tu iras, j’irai.

(Ou pas)

 

Mes bateaux ne sont que papiers

sur lesquels

je jette une encre

qui me retient

près      de      moi.

 

Cairo « Benzouille » Blues

C’est un art que de plonger dans une vie sans jamais réellement se mouiller.

Dans mon imaginaire halluciné, ta dépouille n’est d’ailleurs qu’un idéal qui – je dois l’avouer – ne te ressemble guère.

N’empêche que tu étais la plus jolie. Dans mes illusions.

Tu étais la plus jolie des noyées, emportée par les tourbillons tumultueux des flots de mes pensées que ce Nil – que j’avais connu bleu, que j’avais connu blanc, mais qui a toute la noirceur de mon âme dans cette soirée cairote – entrainait vers une réalité dont tu n’as jamais vraiment émergé.

Aussi,

je n’eus d’autre choix

que de jeter une part de mon âme

– une de plus –

par dessus bord.

Ce fut toi

Ce ne pouvait

être      que      toi.

Histoire de ne pas sombrer.

Une fois encore.

Et cela a fait « plouf ».

Désormais,

seul l’oubli,

seul l’oubli te rendra ton visage originel.

Celui du néant.

Et qu’est-ce que le néant sinon une vague,

un vague à l’âme.

Tu étais la plus jolie.

Ainsi l’avais-je décidé..

Et si c’était vrai ?

Le Caire, jeudi 12 septembre 2019.

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